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Depuis quelques années, un débat s'intensifie dans le milieu de l'audioprothèse avec l'arrivée d'assistants d'écoute qui se réclament parfois des propriétés d'appareils auditifs.

À tel point qu'il est compliqué de comprendre le marché de l'aide auditive. Faisons le point.

Assistant auditif : d'où vient la polémique ?

Sonalto : le premier assistant d'écoute

En 2010, apparaît sur le marché de l'audition un nouveau produit, l'assistant auditif (ou d'écoute) « Octave », de Sonalto.

Cet appareil, destiné aux personnes souffrant d'une baisse légère de l'audition et d'un prix abordable, a créé une polémique vis-à-vis des appareils auditifs reconnus par les organismes de santé ; notamment sur sa définition et sa communication.

Définition officielle de l'appareil auditif

Pour l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), un appareil auditif est un « appareil électronique correcteur de surdité » possédant une « variation du niveau de sortie en fonction de la fréquence ».

Il présente des caractéristiques spécifiques, telles que :

  • la possibilité de régler le gain sur minimum deux bandes de fréquences avec un minimum de pas de progression de 5 dB ;
  • la possibilité d'ajuster la fréquence, par l'accès au minimum à deux programmes d'écoute.

De plus, sa délivrance doit être effectuée dans une cabine insonorisée répondant à certaines normes acoustiques. Il doit s'en suivre auprès du patient une information sur l'utilisation, l'entretien ainsi que le remboursement de cet appareil auditif par les organismes de prise en charge.

L'appareil auditif est donc un dispositif médical, dont la classe nécessite l'intervention d'un organisme certifié. En France, sa délivrance est réglementée.

Différences entre appareil auditif et assistant auditif

Outre de vraies différences techniques (numériques vs analogiques), on distingue quelques différences fondamentales entre appareil auditif et assistant auditif.

Caractéristiques de l'appareil auditif

L'appareil auditif est un dispositif médical :

  • Il est destiné à des surdités légères à lourdes.
  • On peut ajuster le gain de décibels et la fréquence.
  • Le réglage se fait en fonction du patient : il est réalisé sur mesure et adapté au patient.
  • Il est délivré sur ordonnance, selon des normes acoustiques précises.
  • En tant que dispositif médical, il doit être marqué CE.
  • Son entretien et son utilisation font l'objet d'un suivi.
  • Il est en partie remboursé par la Sécurité sociale et les mutuelles.
  • Son prix est élevé (en moyenne 1 500 €).

Caractéristiques de l'assistant auditif

L'assistant auditif est un simple amplificateur de son :

  • Il est destiné à des déficiences d'audition légères par ses concepteurs mais plutôt utilisé dans un cadre professionnel ou de loisirs (amplification de sons d'oiseaux, écoute de la télévision ou de musique, lors d'une conférence, etc.).
  • Il n'amplifie les sons que sur deux niveaux et ne permet pas de varier la fréquence.
  • Il est vendu en pharmacie ou sur Internet à des prix cinq fois inférieurs à un appareil auditif.
  • Lors de son achat, il n'y a aucun réglage possible en fonction de l'audition du client et aucun suivi n'est assuré.
  • C'est un appareil simple d'utilisation, discret, qui permet de gagner en confort d'écoute.

Voici quelques marques d'assistants auditifs : Sonalto, ExSilent Qgo, Audition-3000, Celyatis, Tintéo, Alvis.

Lequel choisir ?

Avant toute chose, si l'on ressent une gêne auditive, quelle qu’elle soit, il faut consulter un ORL qui sera à même d'établir un diagnostic et de conseiller quant à un éventuel appareillage.

Les assistants auditifs peuvent être intéressants en premier équipement pour se familiariser avec le port d'un appareil ; mais sous couvert d'un suivi médical pour déceler tout changement survenant dans l'audition.

Assistant auditif : marché de l'audition et réglementation

En France, la délivrance des appareils auditifs est réglementée : ils doivent obtenir un certificat CE auprès d'un organisme notifié. Par ailleurs, les appareils auditifs sont remboursés à hauteur de 120 € par la Sécurité sociale, les mutuelles en remboursent également une partie (de 50 € à 200 €).

Au contraire, les assistants auditifs sont plutôt considérés comme du « superflu ». Aucune réglementation ni remboursement ne sont prévus.

Le marché de l'audition représente un chiffre d'affaires conséquent. En effet, aujourd'hui, environ 6 millions de Français sont malentendants et seuls 15 % seraient appareillés. Ce qui met en avant certains tabous (psychologiques, physiques) typiquement français puisque d'autres pays européens sont bien plus équipés comparativement : Grande-Bretagne : 40 % ; Allemagne : 50 % ; Italie : 20 %. De plus, la population âgée de plus de 65 ans augmente sensiblement.

Ceci explique l'arrivée sur le marché d'acteurs fournissant des aides auditives que l'on pourrait dire complémentaires des solutions proposées par les ORL pour pallier des surdités légères à importantes.

L'emploi d'un assistant auditif peut donc être envisagé mais il faut rester conscient de ses limites et de ses différences, et surtout continuer à être bien suivi médicalement pour ne pas passer à côté d'une pathologie. Et savoir, si besoin, passer à un « véritable » appareil auditif dont le choix se fera sur des critères médicaux sérieux.

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